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La hausse des prix pénalise les bas salaires
21/01/2008

L'Insee vient de confirmer une forte augmentation des prix à la consommation en 2007. Tous les Français ne sont pas touchés de la même façon par ce retour de l’inflation.

Les Français le savaient déjà et l’Insee vient de le confirmer : l’inflation est de retour. L’indice des prix à la consommation de l’ensemble des ménages a progressé au cours des douze derniers mois (décembre 2007 par rapport à décembre 2006) de 2,6%. Une telle hausse n’avait pas été enregistrée depuis 2004, précise l’Insee.

Sans surprise, l’indice est tiré par la forte augmentation des prix de l’alimentation et de l’énergie. Par rapport aux niveaux de décembre 2006, le prix du carburant a bondi de 15,5% et le prix du fioul de 28,4% !

Du côté des dépenses alimentaires, la facture est également salée : selon l’Insee, le prix des œufs a augmenté de 11,3% par rapport à décembre 2006, celui du lait de 8,7%, celui du beurre de 7,7%, celui des fruits de 4,7%, celui des légumes de 3,9%, celui des produits chocolatés de 2,9%... L’indice global de hausse des prix de l’alimentation est supérieur à celui de l’inflation pour 2007, avec une augmentation de 3,1% au cours des douze derniers mois.

Du côté des baisses de prix, il n’y a guère que les équipements audio-visuels, informatiques et photographiques qui voient leurs tarifs diminuer en 2007. L’indice affiche même une chute de 10,6%. Malheureusement, les Français achètent moins souvent des écrans plats que de quoi remplir leur réfrigérateur ou leur réservoir de voiture...

La hausse des prix à la consommation enregistrée en 2007 ne s’est évidemment pas traduite par une baisse équivalente du pouvoir d’achat des Français car les revenus ont également progressé l’année dernière. Selon les derniers chiffres de l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages aurait même augmenté de 3,3% en 2007, tandis l’indicateur du pouvoir d’achat effectif calculé par le Bipe pour E.Leclerc fait état d’une hausse de 2%.

Mais ces statistiques globales recouvrent de fortes disparités selon les niveaux de revenus. Car si les étiquettes sont les mêmes pour tout le monde, la flambée des prix des produits alimentaires et de l’énergie enregistrée en 2007 ne touche pas tous les Français de la même façon. En effet, plus le revenu d’une famille est faible, plus la part de ces produits de première nécessité est importante dans son budget. Ainsi, selon les chiffres de l’Insee, le poste alimentation et tabac représente 13,7% du budget d’un ménage de cadres, mais 19% chez les ouvriers et 20,7% chez les retraités. La forte hausse du prix des fruits et légumes ou des produits laitiers frappe donc davantage les bas revenus, qui ont moins de marge de manœuvre pour réaliser des arbitrages avec d’autres postes de dépenses comme les loisirs.