Loyers : dix ans de hausse
16/04/2008
Depuis 1998, les loyers ont augmenté de 3,5% par an en moyenne. Nettement supérieure à l’inflation, cette hausse semble toutefois marquer le pas depuis l’année dernière.
Si l’explosion des prix de l’immobilier a fait le bonheur des propriétaires depuis dix ans, elle a aussi fortement pénalisé le pouvoir d’achat des locataires. Les chiffres que vient de publier l’observatoire « Clameur » (connaître les loyers analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux) sont clairs : depuis 1998, les loyers ont connu une hausse annuelle moyenne de 3,5% (et même de 6,1% en cas de changement de locataire), soit nettement plus que l’augmentation générale des prix. Pour 2002, 2004 et 2005, on peut même parler de flambée avec des augmentations dépassant les 5%. Le logement étant le premier poste de dépense des ménages, cette croissance des loyers a évidemment pesé lourd dans leurs finances, contribuant fortement à la baisse du pouvoir d’achat. Les hausses ont été à peu près comparables quel que soit le type de logements considéré, avec néanmoins une tendance à une hausse des loyers un peu plus rapide pour les 2 et 3 pièces et un peu plus lente pour les 4 pièces et plus. D’une région à l’autre, les tendances ne sont pas tout à fait les mêmes. Les loyers ont augmenté plus que la moyenne en Aquitaine et en PACA, mais ils ont moins progressé en Auvergne, en Bourgogne, en Champagne-Ardenne, en Franche-Comté, et dans le Limousin.
Heureusement pour les locataires, les prix semblent toutefois se calmer. "Le temps des hausses rapides de loyer paraît maintenant terminé", estime Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X-Nanterre et auteur d’une étude réalisée par Clameur. Entamée l’année dernière, la tendance à la modération se confirme en 2008. La hausse a été de 2,7% en 2007 et se limite à 0,7% depuis le début de l’année. L’inversion de tendance est particulièrement sensible pour les petites surfaces, les plus concernées par l’aide personnalisée au logement (APL). Il est toutefois trop tôt pour parler d’une stabilisation des prix car les loyers sont traditionnellement « sages » en début d’année, le marché reprenant de la vigueur à l’arrivée de l’été.
Dans un tiers des villes étudiées par Clameur, les loyers sont en baisse depuis le début 2008. C’est le cas à Maseille, Le Havre, Nancy, Montpellier ou Brest par exemple. En revanche, dans les deux tiers des villes, la hausse continue. C’est le cas à Toulouse (+0,3%), Strasbourg (+0,4%), Rennes (+0,5%), Tours ou Nantes (+ 3,1%). A Paris, la situation est contrastée. Les loyers baissent dans certains arrondissements (3ème, 6ème, 7ème, 17ème…) mais continuent à augmenter dans d’autres (1er, 12ème, 13ème…).
Les écarts de loyer demeurent très importants selon les villes et les territoires. Sans surprise, l’Ile de France est la région la plus chère (17,2 euros le mètre carré en moyenne) suivies par PACA, tandis que la Lorraine et la Franche-Comté (6,8 euros le mètre carré) sont les deux régions les plus abordables.






