Tarifs bancaires : la facture s’allège un peu
20/02/2008
Les frais payés par les clients ont baissé en 2007, selon une enquête menée auprès de 114 établissements. Mais les écarts sont énormes d’une banque à l’autre.
Un Français sur deux ignore le montant des commissions qu’il verse à sa banque pour la tenue de son compte et les divers services qu’elle lui apporte. La facture est pourtant loin d’être négligeable. Selon une étude menée en février par l’association de consommateurs CLCV et le magazine Mieux Vivre Votre Argent auprès de 114 banques, le montant annuel moyen des commissions est de 74 euros pour un « petit consommateur » (peu de mouvements sur le compte, pas de produits d’épargne) et grimpe à 243 euros pour un « couple actif », profitant d’une gamme assez large de services bancaires et disposant d’un Plan d’épargne en actions. Par rapport à l’année dernière, la facture moyenne des commissions est en baisse de 4,4% pour le « petit consommateur » et de 8% pour le « couple actif », mais le montant des commissions varie très fortement d’un établissement à l’autre. Hors frais liés à des incidents de paiement, la note totale varie de 36 à 200 euros pour un « petit consommateur » et de 146 à 488 euros pour un « couple actif » ! Dans les banques mutualistes, on constate également de gros écarts d’une région à l’autre à l’intérieur d’un même réseau.
Ces écarts devraient s’atténuer un peu avec l’encadrement de plusieurs tarifs qui entrera en vigueur en mai prochain. Jusqu’à présent, seuls les frais prélevés pour le rejet d’un chèque de moins de 50 euros sont plafonnés, ils ne peuvent dépasser 30 euros. A partir de mai, une limite sera posée pour les chèques de plus de 50 euros : les frais ne pourront dépasser 50 euros, quelque soit le montant du chèque rejeté. Une limitation très utile puisque 93 des 114 banques étudiées par la CLCV font aujourd’hui payer plus de 50 euros. Un plafond du même type va être mis en place pour les rejets de prélèvements. Les banques ne pourront pas faire payer plus de 20 euros à leurs clients le rejet d’un prélèvement supérieur à 20 euros. Si le prélèvement est inférieur à ce montant, les frais sont limités au montant du prélèvement (par exemple, le rejet d’un prélèvement de 12 euros ne pourra être facturé plus de 12 euros).
Reste que la plupart des tarifs bancaires sont et resteront libres, le consommateur devant faire jouer la concurrence pour choisir l’établissement le plus compétitif. Ce qui est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. D’abord parce qu’il est très fastidieux de changer de banque, en raison des multiples démarches à effectuer auprès de toutes les entreprises et administrations qui prélèvent ou versent de l’argent sur le compte. Ensuite parce qu’il est difficile de comparer précisément les tarifs entre plusieurs établissements. Chaque banque propose en effet à ses clients son propre forfait de services pour un prix global, mais les prestations peuvent varier d’un forfait à l’autre. A défaut de pouvoir comparer facilement les tarifs, le consommateur français pourra en tout cas savoir plus facilement combien lui coute sa banque à partir de janvier prochain. En effet, celle-ci devra lui adresser tous les ans un récapitulatif annuel des commissions bancaires prélevées.
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